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 Jean-Claude Vial / Années 1990 - 2000

Histoire de l'Ordre Cistercien et descriptif des grands Ordres Monastiques médiévaux, supports 
de la civilisation
Occidentale et de la Spiritualité Chrétienne médiévale sur la période dite  du Moyen Age,
 allant du VII ème siècle au XIV ème siècle de notre ère. Dans le contexte d'un passage de l'Art Roman
à l'Art Gothique
 au coeur du Monastère Cistercienl'Abbaye Cistercienne.

 

L'Abbaye de Franquevaux est située en bordure du canal des étangs, qui s'écoule du petit Rhône, de l'écluse de Saint Gilles du Gard, à  Aigues Mortes en direction du canal
 du midi à l'ouest. Elle jouxte le vaste étang du Scamandre et ses  immenses étendues de marais, réserves naturelles d'oiseaux ou se  cultive entre autre depuis toujours,
la "sagne", roseaux servant encore aux couvertures de chaume dont entre autres, les toitures de longères Bretonnes.  Je découvris  Franquevaux par hasard,
de retour de Guinée Conakry en me rendant à une "ferrade", activité traditionnelle en  Camargue Gardoise.

Les "manades"
  sont des élevages de petits taureaux noirs et paisibles. Véritable terreau de la culture Camargaise, ces taureaux ou "biou" en Occitan,
 sont accompagnés par des "gardians" qui montent habilement de vifs et intelligents petits chevaux Camarguais blancs rendus célèbres dans les années 60  par
les émouvantes aventures de "crin blanc". Ils galopent de concerts avec les taureaux aux cornes en lyres, dans  de vastes étendues  sauvages ou la terre et
l'eau se fondent à perte de vue dans les immensités sans limites des marais Provençaux, le long des grèves méditéranéennes.

 

  Durant les tranquilles et chaudes journées de printemps méridionales, il est de coutume pour les Gardois d'assister au marquage en  fer rouge
portant emblème de la manade, des jeunes bovins nés  dans l'année ou "anoubles", admirant en connaisseurs, l'agileté et la  symbiotique
 relation des chevaux camargues et de leurs cavaliers afin de séparer les anoubles du reste du troupeau et les conduire au grand galop
vers les rougeoyantes braises qui marqueront à vie, leur appartenance à la manade.

C'est  l'occasion de mémorables "déjeuners aux prés", prétexte à d'amicales retrouvailles autour d'un frais pastis, dans les appétissantes
 effluves de grillades de taureaux cuits à la broche, et les grisantes fulgurances de rosé des Costières de Nîmes.

Traversant les prés au milieu du troupeau jusqu'au canal des étangs, et l'étang du Scamandre, je pénétrais en flanant dans le petit village désert
de Franquevaux qui jouxtait la manade. Je ressentais ce jour la une profonde plénitude dans la quiétude du  chaud soleil Languedocien,
environné des bruissements des cigales et des senteurs de bruyère.


               


J'étais cependant troublé par une étrange sensation de calme intérieur, doublé d'un  sentiment diffus de déja vu au fur et à mesure que j'avançais dans
ce petit village étonnement désert. Je m'arrétais perplexe sur une petite place devant un belle entrée voutée marquée d'un sceau médiéval et surplombant ce que
 j'appris par la  suite être  l'ancienne cour d'honneur des abbés commendataires de l'Abbaye de Franquevaux.

 Intrigué, je frappais à  une porte et demandai  a un vieil homme dont je troublais la tranquillité d'une sieste estivale, ce qui pouvait bien caractériser
 cet endroit  qui me semblait si étrangement serein. Mais c'est l'ancienne Abbaye Cistercienne de  Franquevaux  s'exclama -t-il ,surpris de mon ignorance  face à ce qui
 pour lui était une évidence. Ce fut alors pour moi le départ d'une extraordinaire aventure, remontant jusqu' au XII ème siècle, les fils du temps d'un passionnant Moyen age.
 
  Dans le cadre d'une Europe Occidentale profondément déstabilisée par les incessantes et meurtrières incursions Vickings consécutives à la chute du puissant empire Carolingien,
s'orchestraient depuis 1098 les grandes migrations motivées par une Chrétienté expansionniste  vers  la "terre promise". Rome et la papauté proposait alors les croisades en guise d'idéal
aux peuples Occidentaux. Elles allaient mettre à feu et à sang le Moyen Orient durant plus de 200 ans jusqu'à la reconquète de leurs territoires par Saladin
qui mit un terme définitif à la présence Occidentale en terre Arabo Musulmane.

Les populations occidentales se trouvaient aux alentours  de l'an mil de notre ère confrontées à  une perte globale des savoirs et  un
inéluctable  retour à la  barbarie,sur les ruines de l'ancien Empire Romain d'Occident qu'avait reconstruit en l'an 800,
 Charlemagne. Les villes étaient exangues, les campagnes  couvertes à nouveau de  sauvages forêt.En tout lieu
la civilisation avait reculée au point souvent de disparaître.
 
 


 C'est dans ce contexte d'un XII ème siècle renaissant, qu'un petit groupe de Moines Bénédictins, choqués par les excés matérialistes de leur Ordre quittèrent celui ci
afin de retrouver l'idéal de pauvreté nécessaire à leur quête spirituelle. Benoit de Nurcie, Saint Benoit, avait fondé au VII ème siècle le 1er   grand Ordre  Monastique
 Médiéval, l'Ordre des Bénédictins, codifiant sous  ses aspects temporels  et spirituels une vie  monastique communautaire,  après avoir  longuement séjourné
 en ermite sur le mont Cassin prés de Rome. La quête spirituelle se  traduisait alors souvent  par des démarches  solitaires, une existence  érémitique 
et ascétique aux conditions  extrêmes que tout le monde n'était pas capable de supporter.
Quelques communautés monastiques s'étaient déja établies antérieurement au VII ème siècle, mais sans réelle structuration de l'existence temporelle de leur membres.
Il s'agissait donc pour Saint Benoit, conscient du problème qui rebutait nombre de vocations, de définir un quotidien permettant aux frères de trouver un cadre
cohérent à leur engagement dans leur besoin de quête spirituelle. Ceci, prenant en compte le contexte  d'une vie communautaire et ses lourdes
 contraintes,  ainsi qu'une définition précise du rôle du moine dans un  monastère, au sein de la société médiévale.

Car le frère se retirait du monde pour donner sens à son engagement spirituel mais restait en réalité  très présent au sein de la société dans son rôle "d'intercesseur"
entre le divin et le commun des mortels par la prière. En effet, il s'inscrivait bien ainsi  dans une société  médiévale tripartite aux rôles bien définis ;

 
 
   l'homme qui prie, celui qui travaille et celui qui combat / le moine (ou le prêtre) le paysan et le guerrier.

Le siège de L'Ordre Bénédictin se situait depuis le haut Moyen Age à Cluny en Bourgogne, crée au IX ème siècle de notre ère et plus grande Abbatiale
 d'Europe jusqu'à l'édification au XVI ème siècle de St Pierre  de Rome. Fort de ses 500 ans d'existence il était cependant en proie à de graves dérives séculaires et
certains de ses membres souhaitaient retrouver  l'idéal de pauvreté  des origines, ce qui finit par provoquer un shisme d'ou allait naître sans violence le second grand ordre
Monastique Médiéval d'Europe Occidentale, les Cisterciens.

Ces quelques moines Bénédictins, quittant leur Abbaye mais ne reniant pas cependant leur appartenance à leur ordre  s'installèrent dans les solitudes, au coeur des vastes
marais Bourguignons  guidés par Robert de Molesmes, 1er abbé du nouvel ordre monastique. Ils étaient environnés de roseaux dits "cistelium"  en latin, et l'humble
monastère en bois ou s'établirent les 1er frères Cisterciens fut par voie de conséquences prénommé "Citeaux", d'ou découla par la suite le nom "Cisterciens".
 

Ils se trouvèrent rapidement confrontés à un drastique manque de moyens humains et matériels et auraient probablement abandonné cette aventure hasardeuse, lorsqu'un  jeune
noble de 20 ans Bernard de Fontaine, devenu par la suite, Bernard de Clairvaux, rallia la petite communauté de "dissidents" entrainant avec lui trente  de ses compagnons, tous issus de
la plus haute noblesse  Bourguignone.  Porté par un sentiment d'absolu, dans un désir profond d'inscrire  sa quête spirituelle  dans l'idéal de pauvreté et d'épure du Christianisme  des origines,
 Bernard de Fontaine apporta à l'ordre  balbutiant les moyens humains et financiers nécessaires à la  fulgurante expansion que connu l'Ordre Cistercien.

 

Cinq ans plus tard, Bernard de Clairvaux, agé seulement de 25 ans,  prenait la direction au temporelle et au spirituel la direction d'une nouvelle communauté en fondant 
l'Abbaye de Clairvaux, qui devint le véritable chef lieu de l'Ordre Cistercien dont les quatre autres grandes fondations "maisons mères", toutes Bourguignones, essaimèrent au
 cours du XII ème siècle par un système  généalogique de filiations, d'un réseau "soeur" d'Abbayes Cisterciennes implantées dans toute l'Europe.

Les Cisterciens contribuèrent entre autre au développement rapide des nouvelles technologies architecturales générées par l'invention de la  voute sur croisées d'Ogive,
 remplaçant la Voute Romane. Ce qui permit dans le courant du XII ème siècle, le passage trés rapide de l'Art Roman à l' Art "Gothique". Le terme "Gothique" est une prénomination
 à  connotation péjorative inventée par  les "Romantiques" du  XIX ème siècle qui exprimaient ainsi leur  mépris pour un Moyen Age soit disant barbare et obscurantiste. En effet, ces
architectures considérées comme révolutionnaires au XII ème siècle, constituèrent en leur temps une avançée majeure dans les techniques d'édification Occidentale.

Le contact constant au travers des croisades avec la civilisation Arabo Musulmane permit cependant à l'Occident de renouer avec les savoirs Antiques perdus dans la tourmente
des invasions barbares que le Moyen Orient, alors beaucoup plus civilisé que l'Occident, avait conservés. C'est par les Monastères et notamment par les Cisterciens,
que s'établit la  traduction des anciens textes hébraîques et Greco Romains au travers du patient travail  de déchiffrage des moines copistes dans les scriptorium.
Ainsi, par le biais de philosophes arabes de renom comme Avéroès qui vivait en Andalousie, l'Occident redécouvrit entre autre la pensée Aristotélicienne,
 les philosophes Grecs, les découvertes scientifiques et savoirs des civilisations Antiques qui les avaient précédés.
 

L'Europe retrouva au XII ème siècle, véritable Renaissance Occidentale, les chemins d'une Civilisation grâce au travail de fond auquel se livrèrent les moines,
réapprenant aux populations les techniques agricoles, architecturales, commerciales nécessaire à la redéfinition d'un espace socio culturel et
 économique cohérent au sein duquel l'Europe se reconfigura.

Bernard de Clairvaux était conscient, par dela les volontés de conquérir les terres d'un riche Moyen Orient,  orchestrées par Rome au travers des croisades,et dont il participa
activement, de ce nécessaire contact avec cet autre monde, symbolisé dans l'inconscient collectif  Chrétien par la céleste Jérusalem.  Ainsi, créa - t- il une obédience
nouvelle, le célèbre Ordre du Temple dont la mission temporelle fut, durant 200 ans de maintenir un siège permanent au moyen Orient par l'envoi constant de
nouveaux moines soldats formés en permanence en Europe dans les Commanderies Templières.

Mais  leur mission première fut toute autre. En effet, c'est en 1119 qu'il envoie au Moyen Orient son Oncle Hugues de Payens qui devint par la suite, le 1er Grand
maître de  l'Ordre du Temple
. Celui - ci séjourna durant 10 ans en Terre Sainte avec 12 autres compagnons (suivant la symbolique des 12 apotres)  tous de trés haute érudition.

Non pas en l'occurence afin de guerroyer mais bien pour se livrer à des travaux d'investigation et de recherche. Et ce, en particulier sur l'emplacement présumé du Temple
du Roi Salomon. C'est ainsi que l'on sait d'aprés les textes de l'époque, qu'ils revinrent en Europe en 1130 sous forte escorte à Clairvaux, ramenant non pas un trésor
mais de mystérieux documents. Et dans les temps qui suivirent, l'Ordre Cistercien se livra à un recrutement  intense de moines copistes  capables de déchiffrer
 des textes en  Hébreu ancien. Il semble qu'opérant ainsi, l'Occident réintégra par cette implication  de  hauts dignitaires religieux,  préalable à l'implication

 

 
guerrière de l'Ordre de Temple,  des savoirs ayant permis un retour très rapide à la civilisation.

A titre de réflexion intéressante, il aura fallu plusieurs siècles à l'Occident, durant toute la période du  haut Moyen Age pour maîtriser la voute Romane par essais successifs, de manière
progressive et empirique.Les civilisations Antiques, Egyptiennes et Gréco Romaines, ne connaissaient pas ce procédé et édifiaient en linteaux.  Hors, l'Occident maîtrisa  en
seulement une cinquantaine d'années dans le courant du XII ème siècle, les technicités de l'Architecture Gothique issues de la voute en Ogive.

C'est ainsi, qu'à l'age de 50 ans, Bernard de Clairvaux, Saint Bernard, considéré avec Abelard (dont il provoqua la chute, le considérant  trop libre penseur et donc dangereux
pour l'église qu'il incarnait)  comme le plus brillant esprit du XII ème siècle, contribua à l'élection à la tête  du monde Chrétien du nouveau Pape, issu de la  communauté
 monastique Cistercienne
, moine de l'Abbaye de Clairvaux.
 
Abelard, trés grand intellectuel,  peintre et poète talentueux, brillant érudit, enseignait à des étudiants venus de toute l'Europe à la Sorbonne dans un esprit de libre penseur.
Il  tomba follement amoureux d'une superbe  jeune fille prénommée Eloïse. Leur amour fut trés vite contrarié par l'église, génée par sa trop forte influence et qui
 s'opposa sans succès à ce trop brillant orateur en des tribunaux inquisitoires. Après  sa castration atttribuée au père d'Eloïse et consécutive à une étrange
agression, ils furent tous les deux contraints par l'église à se séparer pour rentrer dans les ordres et prendre  la direction respective de monastères.
C'est ainsi qu'Abelard  croisa les  destinées Bretonnes en devenant Abbé de Saint Gildas de Rhuys en Golfe du Morbihan.
 Il dut au bout de sept ans,  fuir l'Abbaye,
confronté  à de grave conflits avec les moines de Saint Gildas et trouva refuge auprés de son ami Pierre le vénérable
Abbé de Cluny, chef lieu de l'Ordre Bénédictin, ou, sa vie brisée, il mourut de chagrin.

               


Dans cette mouvance des 1ères implantations de l'Ordre Cistercien, un groupe de 12 frères Cisterciens dirigés par le père Galthérius, 1er Abbé de Franquevaux suivant toujours
en cela la  symbolique des 12 apotres compagnons du Christ, et mandatés par l'Abbé de Morimond, l'une des Abbayes majeures et "mère" de l'ordre,   se rendit au
à "Tovana" , Château de Beauvoisin en Petite Camargue au Sud de Nîmes  (alors appelée "Nemausus") et  entreprit, sur l'instigation  du Comte Raymond V
de Toulouse, les démarches relatives à l'établissement d'une nouvelle  Abbaye Cistercienne, dans les solitudes Camarguaises au lieu dit
 "franca libere vallis" (vallée franche et libre) en 1143. Ils n'en achevèrent la construction que 100 ans plus tard.

Franquevaux oeuvra activement au fil des siècles, au développement économique local, participant, à l'instar de ses nombreuses "soeurs" Européennes, d'une oeuvre civilisatrice
rayonnant sur tout le Languedoc et la Provence, ou elle possédait de nombreux villages en servage. Protégée par les puissants Comtes  Raymond de Toulouse,  Franquevaux  hébergea
notamment Saint Louis lorsqu'il embarqua à Aigues Mortes pour les Croisade au XIII ème siècle, qui lui accorda protection Royale et nombreux privilèges.

 La communauté s'épanouit durant 700 ans, non loin du Fief des Comtes de Toulouse, l'Abbatiale de  Saint Gilles. Le Monastère sous Obédience Bénédictine dés le VI ème siècle,
 fut fondé aux temps  de la chute de l'empire Romain par l'ermite Grec à la biche, "Aegidius". Son imposante Abbatiale, possède un escalier à vis unique au monde, passage
obligé depuis  le moyen âge des compagnons tailleurs de pierre. Saint Gilles, l'un des 3 lieux majeurs de Pélerinage Médiévaux Européens avec St Pierre de Rome et
 St jacques  de Compostelle, accueillit des siècles durant, les immenses  foules de pèlerins venus se reccueillir sur le tombeau de Saint Gilles.
 
Fidèles à leurs idéaux et missions respectives, les Bénédictins séjournaient "sur la colline", souvent en zones urbaines dispensant éducation et  savoir intellectuel
au peuple. Les Cisterciens "au fond de la vallée", recherchaient quand à eux les lieux les plus hostiles et reculés ou ils apportaient les savoirs faire propres
 à l'agriculture et à l'architecture, à l'aide de leur frères "convers" (moines paysans)  en générant l'implantation des populations qui reprenaient
grâce aux moines, possession des forêts sauvages y édifiant de nouveaux villages.
 
 
Les  Cisterciens étaient revêtus d'une robe de bure blanche, couverte d'une cape noire. Les Bénédictins portaient quand à eux, une bure marron fonçée. Les "Moines de Choeur"
Cisterciens
résidaient dans  l'enceinte de l'Abbaye et étaient exclusivement  issus de la noblesse. Les frères "convers" Cisterciens n'avaient pas le droit de pénétrer dans
 les locaux conventuels  en raison de leurs origines "serviles"et vivaient dans des établissements annexes appelés "granges" sur les vastes domaines des Abbayes.

 La vie monastique n'échappait pas aux cloisonnements de  la société  médiévale entre noblesse et bas peuple. Certains moines issus de la noblesse cachaient
sciemment leurs origines au Père Abbé, revêtant ainsi volontairement  l'humble robe  de bure marron des  frères  Convers et supportaient une existence
exclusivement manuelle des plus laborieuse, afin de vivre pleinement l'abnégation la plus totale de leur existence matérielle.

Le XIII ème siècle connut une autre évolution temporelle et spirituelle favorisant l'émergence de nouveaux Ordres Monastiques venant en renfort d'une
 spiritualité  Chrétienne et du pouvoir d'une Papauté mis à mal par l'apparition durant la XII ème siècles du Catharisme. En effet, les populations méridionales de
l'espace géo politique, liguistique et socio culturl Occitan, qui s'étendait sous l'égide des Comtes de Toulouse de l'Atlantique aux Alpes Lombardes,incluant les actuels
découpages Régionaux  du Languedoc Roussillon   et de la Région PACA, adhéraient en masse à la nouvelle spiritualité que proposaient les "parfaits" Cathares.


                  

Ces prêtres Cathares d'un  nouveau genre, fidèles aux idéaux de pauvreté pronés par le  Christ et niant l'autorité
temporelle de l'église Romaine.  C'était la préfiguration, 300 ans avant l'apparition du schisme Protestant, d'une profonde remise
cause du système de pouvoir Chrétien.
La religion Chrétienne fut officiellement mise en place par  l'Empereur Constantin qui, au III ème siècle aprés Jésus Christ décida sous
 l'influence de sa femme, de consacrer le Monothéîsme  et la nouvelle  Religion Chrétienne en lieu et place d'un  "Paganisme" Antique. Constantin provoqua un shisme
politique et affaiblit considérablement l'Empire Romain en prenant la décision d'installer le nouveau siège Impérial non plus à Rome, mais à Byzance, capitale
de l'ex empire Byzantin située sur le Bosphore à cheval entre l'Occident et le Moyen Orient, véritable "porte d'entrée des deux continents et donc enjeu  géo politique majeur
 
 
.
Qu'il rebaptisera Constantinople.

C'est ainsi qu'elle fut annexée à l'Empire Ottoman lors de son expansion et devint sa capitale économique rebaptisée "Istambul". L'Empire Romain, pris
conjointement dan une mouvance de destabilisation économique se cristalisa et perdit sa capacité à intégrer les peuples conquis. Ce qui provoqua le mécontentement
 de peuplades "barbares" d'Europe de l'Est qui, au fil des siècles qui suivirent donnèrent de tels coups de boutoirs à l'Empire décadent qu'ils finirent par faire
tomber Rome définitivement installant une nouvelle Civilisation.

Le Haut Moyen Age allait s'épanouir, subtil mélange d'une nouvelle créativité qu'apportaient les nouveaux conquérants, dans le cadre d'une omni présence d'un
pouvoir Chrétien qui allait asseoir sa domination durant 1500 ans sur les peuples d'Occident, leur imposant ses règles dans tous les domaines  : Histoire remaniée
suivant les canons de la Bible, ainsi l'Architecture, les Sciences et toutes les composantes de l'expression artistique. Il fut dés lors et jusqu'à la Révolution Française,
 impossible de s'exprimer en dehors du cadre rigide imposé par le dogme Chrétien.
 
C'est dans ce contexte que fut éradiqué le Catharisme par d'une part, la "Croisade contre les Albigeois" (nom donné aux Cathares
d'Occitanie) et que les Comtes de Toulouse, systématiquement soumis  à excommunication pour tolérance sur leurs fiefs de "lhérésie" et harcellement
 notamment du triste Simon de Montfort. La défunte Occitanie résonne encore des anathèmes monstrueux et des buchers de soit disants hérétique. Le sombre
Abbé Amaury, de  Citeaux,(nommé par le Pape à la tête de la Croisade) répondit lorsque Béziers tomba, aux chefs de Guerre Croisés, venus lui demander comment
reconnaitre dans l'Eglise de la ville ou étaient enfermés de nombreux habitants, les bons Chrétiens des "hérétiques Cathares, il leur donna cet ordre terrible, préfiguration
d'autre génocides ultérieurs :  "tuez les tous, Dieux reconnaitra les siens "... Il est à noter que le Comte Raymond VI de Toulouse du prendre la tête de cette ignominieuse
"Croisade" contre son propre peuple afin que la Pape lève son excommunication (condamnation gravissime au Moyen Age, inventée par l'église, l'excommunié n'étant pas à sa mort,
enterré "en terre Chrétienne" mais suspendu au dessus du sol, afin d'irrémédiablement finir en enfer...

 


Puis ce fut le bucher de Montségur ou les 200 "Parfaits" Cathares, hommes, femmes et enfants au terme d"un long siège de ce nid d'aigle Pyrénéen,
périrent brulés dans le refus de renier leur foi. L'Occitanie finit par  par perdre son indépendance politique sous les coups de butoirs conjoints des barons du
Nord  avide des  richesses Méridionales, appuyés indirectement par un Roi de France (au territoire limité alors à l'Île de france, Paris et sa Région) ayant intérêt à voir
ainsi mis à genoux ce trop puissant vassal qu'était le Comte Raymond V de Toulouse. Les liens de vassalisation avaient été établis sous l'Empire Carolingien au IX ème siècle et ne
correspondaient en rien aux rapports de force établis aux alentours de l'an mil..etlors du  rattachement officiel d'une Occitanie exangue, ravagée par les barons du Nord,
 à la couronne Capétienne à la mort du dernier comte de Toulouse Raymond VII par mariage imposé de sa fille, Marguerite de Provence au roi de France.
 L'Occitan fut durant tout le Moyen Age, le langage véhiculaire (au même titre que l'anglais de nos jours, parlé dans toutes les grandes cours d'Europe. En ces temps la, l'Occitanie
 dont  la Provence était anciennement appelée "la Provincia" (allant jusqu'à Narbonne qui en était le siège, desservit par l'important réseau routier Romain "la Narbonnaise" ,avait hérité
 de son passé culturel et économique de riche Province Romaine. L'Occcitan découle du bas latin parlé  dans cette Gaule Méridionale.
 
Le comté de Toulouse et sa prestigieuse lignée de grands féodaux disparut irrémédiablement et, au XV ème siècle, l'édit de Villers Coteret voulu par
François 1er, qui officialisait le Français comme langue écrite en lieu et place du Latin porta le coup de grace à l'Occitan qui perdit ses racines de langue écrite
 conjointe à l'utilisation du Latin, faisant place à la  "langue d'oil" (oui en français, oc voulant dire oui en Occitan), qui éradiquera définitivement les autres langues du territoire
exagonale sous les volontés centralisatrices de la République Française d'un XIX ème siècle balbuttiant. Les "hussards de la Répiublique", tel que l'on nomma cette génération d'instituteurs
 intégristes remplirent consciencieusement leur fonction visant à éradiquer les langues Régionales dont entre autre la langue

La Papauté, n'avait pas réussi  à éradiquer le Catharisme, toujours fortement ancré en terre Occitane malgré la terrible pression militaire de par les Croisades
successives qu'ils avaient lançées contre l'Occitanie. Et c'est ainsi qu'apparut un certain Dominique de Guzman, ecclésiastique Espagnol intégriste à qui fut confié
la mission au travers du nouvel Ordre Monastique qu'il créa, "les Dominicains", d'expurger définitivement la racine "diabolique" de l'hérésie. Ces nouveaux moines, précurseurs
des futurs inquisiteurs issus de leur Ordre 100 ans plus tard, s'attachèrent consciencieusement à infiltrer le moindre recoin d'Occitanie. Ils séjournaient en mettant en place des
 tribunaux poussant  les populations à la dénociation des parents, enfants, voisins, créant un  formidable chaos destabilisateur de cruautés inadmissibles.

             
 
 
 
Par voie de conséquence, ce qui n'avait pu être obtenu par la force brutale le fut par un patient travaille de sape, préfiguration des grands proçés Staliniens du XXème siècle
pour asseoir l'Empire soviétique sur ses peuples voisins. Au terme d'une cinquantaine d'années il n'y eu plus aucun Cathare et cette étonnante expression
 Spirituelle disparut en emportant ses secrets dans les buchers des derniers "Parfaits" Cathares.

Françis Cabrel, digne héritier des Troubadours Languedociens et Provençaux, relate dans une poignante évocation, sur une superbe mélodie
 
"les Chevaliers Cathares", le triste destin de la terre Occitane,  évoquant la stèle érigée sur l'autoroute qui traverse le midi d'Est en Ouest.
 "Les Chevaliers Cathares pleurent doucement au bord de l'autoroute quand le soir descend..."

Le quatrième grand Ordre Médiéval crée consécutivement à celui des Dominicains  dans le but de combattre également l'hérésie Cathares et par extension,
le mécontentement  ambiant face aux dérives matérialiste de l'Eglise Catholique Romaine des peuples Européens, fut l'Ordre des Franciscains. Il fut donné pour mission
 à François d'Assise, de mettre en place le 1er Ordre "mendiant" dont l'objectif était de contrer l'influence du Catharisme qui appliquait à la lettre les idéaux de pauvreté et de
respect pronés par le Christ. Et ce par un comportement analogue sur le terrain à celui des "Prêtres" Cathares, fait d'humilité et de pauvreté dans d'extrèmes dénuements volontaires.
 
 Cet Ordre eut rapidement pour vocation l'Evangélisation par l'exemple des peuples du Moyen Orient. Bien inscrit dans ses volontés expansionistes, porté par un prosélitisme systématique que
d'ailleurs les deux autres Religions Monothéîstes, le Judaîsme et l'Islam n'ont jamais envisagées.C'est ainsi que se sont développés sur des missions différentes en des périodes spécifiques
 sur des objectifs bien définis, les quatre grands Ordres  Médiévaux qui sont respectivement et chronologiquement à titre de synthèse :

L'Ordre des Bénédictin à partir du VII ème siècle, L'Ordre des Cisterciens à partir du XII ème siècle, L'Ordre des Franciscains au  XIII ème siècle, avec l'Ordre des Dominicains.
Ainsi se clôt la quadrature d'un cercle dont le 5ème élément apparaissant à l'époque de la "Réforme" Protestante et l'obligation pour Rome dans des luttes sanguinaires ,
d'admettre une nouvelle expression Spirituelle Chrétienne, le Protestantisme. C'est dans cette mouvance que fut crée
 "l'Ordre des Jésuites", moines intellectuels trés pointus
formés à l'art subtil de la réthorique afin de contrer les théories avançées par Calvin et Luther,moines réformistes,
 fondateurs du Protestantisme.

Au début du XIX ème siècle, en des temps anticléricaux et centralisateurs post révolutionnaires,
 les "braves "instituteurs de la France Républicaine, surnommés "les hussards de la République"
colportaient une histoire de France sciemment erronée,
censée faire croire aux jeunes générations que cette France exagonale dont les cartes tronaient dans toutes les salles de classe existait telle qu'elle depuis Clovis, présenté
 comme le 1er Roi de  France... Ces mensonges orchestrés au plus haut niveau de l'état, étaient assortis d'un ensemble de chatiments corporels humiliants visant à punir des plus
sévèremen les enfants  parlant leurs langues natales que l'on qualifia alors de "patois" pour sciemment en limiter l'envergure. Et la France Républicaine s'amputa ainsi de ce  qui constituait
 un patrimoine majeur, ses spécificités Régionales, reflet de la mosaïque de peuples et de cultures qui la constituaient.

 
      
 


L'Occitanie, de par sa configuration geographique ouverte à toutes les influences a vu malheureusement disparaitre sa langue et sa culture.Il n'en est pas de même d'espace physiquement
plus protégé comme le Pays Basque, le Pays Catalan ou encore la Bretagne. Celle ci en particulier a eu la chance, de par sa spécificité de Presqu'île et probablement le peu d'intérêt
 porté par les décideurs économiques de l'époque et politiques Parisisiens à l'égard de ses atouts (considérée longtemps comme un Pays fruste et arrièré)  de conserver
sa langue, aujourd'hui bien soutenue par des volontés politiques fortement établies tous appartenance partisane confondues. C'est le conséquent soutien apporté
aux écoles les école "Diwan", aux confédérations et fédérations de danses et musiques Bretonnes et un langue toujours vivante,
pratiquée par ses médias télévisuels et de ce fait, bien campée sur une riche et écclectique culture
musicale, chorégraphique  et vestimentaire.
Je mis ainsi durant cette période de ma vie, toute mon énergie au service de Franquevaux, travaillant de concert avec Marie Françoise Griffeuille,  conservatrice du
 musée de la Maison Romane à Saint Gilles et Présidente de l'Association Nationale de Sauvegarde des Patrimoines Médiévaux, ainsi que Mr Avignon,  retraité érudit et
autodidacte, passionné par la prestigieuse histoire Médiévale de sa ville et de l'Abbatiale de Saint Gilles.   Au cours de longs échanges passionnants,  dans le bureau de la Maison
Romane de Mlle Griffeuille ou naquit le Pape Clément V ( dernier Pape à Rome avant  l'installation de la Papauté en Avignon durant un siècle)  je m'abreuvais de  son  conséquent savoir, 
avide de connaissances,  désirant plus que tout sauver  Franquevaux de son inexorable déchéance, tombée dans un oubli total malgré l'existence de pans entiers de
 l'Abbaye "sous" le petit village Languedocien.
Je fondais une nouvelle Association" La Petite camargue des costières aux étangs" ayant pour but le développement de nouveaux "produits" touristiques et infrastructures de   communication et commercialisation attenantes, afin de
 générer un tourisme rural. Des entreprises  locales,partenaires du projet (hébergements ruraux,
 activités diverses, ludiques et culturelles) se regroupèrent  ainsi à mon instigation, autour de
 nouveaux circuits et "produits touristiques" avec communications conjointes
 (flyers, relations médias, partenariats  avec  agences  de voyages réceptives etc... ).
 
 Ce qui permit  à des  touristes contournant  habituellement la Petite Camargue pour se rendre au  Grau de Roi,
 Port Camargue ou la Grande Motte,   de découvrir les riches patrimoines médiévaux et environnementaux de la zone.

Devant le succès de cette entreprise spontanée, porté par la couverture médiatique dont je fis bénéficier le projet, je fus nommé Chargé d'une mission
de développement local par le Vice Président du Conseil Général du Gard et Maire de Saint Gilles, visant à mettre en oeuvre un nouveau Pays d'Accueil Touristique sur
 les 30 communes de Petite Camargue afin de palier, par des compléments de ressources, à la déprise agricole et l'effondrement progressif de la Petite Camargue.


 
 
Bien évidemment passionné par la dimension de l'enjeu, je m'impliquais totalement dans cette mission que je  développais
 conjointement à mon  intention de "sauver" Franquevaux de l'oubli en m'efforçant de la réintroduire dans les Patrimoines nationaux,  envisageant
un classement voir une rénovation de ses restes conséquents. Je ne parvins hélas pas à mener à terme ce projet, confronté à  de trop fortes adversités.

Je fini par quitter pour ne plus jamais y revenir, par un mélancolique matin d'automne, cet émouvant pays que j'avais tant aimé. Revenant une dernière fois à Franquevaux
 dans les brumes matinales ou s'estompait la masse du petit village endormi,  je distinguais toujours, la vision troublée par l'émotion qui  m'étreignait, la paisible Abbaye Cistercienne  de Franquevaux
  martyrisée  par les aléas d'une triste destinée que  j'évoquais par la suite dans un  écrit non publié.  Je le présente ici,  agrémenté  de mon histoire personnelle au visiteurs
 du site  de Refletscom,  désireux d'en savoir un peu plus sur  la "saga" des Frères Cisterciens ciseleurs des lumières d'un moyen âge méconnu...

 
Ainsi  s'acheva pour moi ce fantastique voyage dans les temps anciens d'un émouvant moyen Age qui demeure, en cette plaque tournante historique du XII ème
ou l'Abbé Suger de Saint Denis (ou ont de tous temps été intronisés les Rois de france) s'exclamait aux alentours de 1110, "Et je vois l'Europe se couvrir d'un blanc manteau
d'Eglises". Si l'on considère que ces monuments surgis de terre en quantité à cette époque étaient flambants neufs, les pierres de taille que nous pouvons de nos jours admirer,
vestiges de ce temps de bâtisseurs Romans, ont vieilli au cours de ces 1000 ans d'histoire.

Cette démarche d'apprentissage en autodidacte m'aida à mieux me situer dans le présent au travers de cette "mémoire" historique,  fil conducteur de cette riche histoire Occidentale  qui m'a permis de  cerner  les enjeux contemporains.
 J'ose espérer, pour les personnes intéressées par cet accès à une connaissance globale que je mets ici à
  libredisposition de tout  un chacun, avoir contribué par ce long travail d'acquisition de savoirs et de
synthèse à  donner des repères.J'ai établi une nécessaire "trame" dont j'ai moi  longtemps
  manqué pour comprendre ce qui à priori peut sembler très fastidieux. Abordé par
ce biais, ou le travail est "pré maché", ce type  d'approche généraliste constitue
 un fil conducteur à partir duquel l'on peut se documenter en
complément par les liens établis sur cette page su
r les thèmes qui intéressent  le lecteur.

Ou bien encore, enrichir ses connaissances dans ce  survol rapide mais précis et très documenté de 1500 ans
d'histoire des peuples d'Europe Occidentale  abordé sous l'angle de leur Spiritualité, le Christianisme au travers
 de l' histoire du Monchisme, établissant des "ponts" entre les diverses disciplines, tout en  favorisant des
 lectures transverses d'enjeux  globaux.
 
 J'ai aussi tenté  de faire comprendre ce qui animait selon moi,  au dela de comportements trop souvent
 dogmatiques, des décideurs aussi conscients que Bernard de Clairvaux de la nécessité  de
participer des destinées des peuples d'Occident en posant les bases structurelles
  d'une civilisation Occidentale renaissante au XII ème siècle.